Entretien avec le Professeur Roland Bugat

bugat Le professeur Roland Bugat, Professeur des Universités, Directeur Général d’OncoRésonance  et Président du Conseil Scientifique de PSRI , nous a fait l’honneur  de nous recevoir sur le site de l’Oncopole pour répondre à nos questions .

Pourriez-vous nous présenter en une phrase l’Oncopole ?

C’est un projet ambitieux et complexe à dimension humaine,  qui dépasse de loin et de par son objectif, les compétences de chacun de ceux qui contribuent à son succès .

Selon vous, qu’elle en est sa force ?

L’oncopole est un campus qui réunit des soignants, les chercheurs, des acteurs du monde économique dans le domaine de la santé et de nombreuses personnes de qualités en fonctions support . Le décloisonnement des disciplines fera de l’IUCT-O (Institut Universitaire du Cancer de Toulouse Oncopole) un lieu d’excellence scientifique et médical, un centre européen d’exception en matière d’innovations thérapeutiques, pour mieux prévenir le cancer, mais également prendre soin des malades et les accompagner dans la maladie .

Ce dont vous parlez relève de la dimension des sciences humaines et sociales .

Oui exactement, c’est une composante qui ne limite pas l’Oncopole à un centre de recherche . Il n’y a pas que la recherche au sens de  «plus de savoir» ,mais également de la recherche sur le «plus de savoir être» . Il y a une dimension humaniste et non pas exclusivement scientifique qui se développe dans Toulouse et sa région .

Vous évoquez Toulouse, a-t-elle l’envergure d’accueillir une telle infrastructure ?

Bien sûr . C’est le deuxième pôle universitaire de France . Toulouse est une cité très bien implantée dans la dynamique de la connaissance, de l’économie du savoir ou encore par exemple, des  nanotechnologies,  qui sont présentes sur le site de l’oncopole à l’ITAV (Institut des technologies avancées en sciences du vivant) Il faut également travailler des aspects de type médico-économique car l’accès a l’innovation, c’est à dire l’intégration du progrès dans la pratique médicale, à un coût et cette approche est en développement avec UT-1 (Université Toulouse 1 Capitole) qui a beaucoup de compétences en économie (Jean Tirole, Prix Nobel 2014) .

C’est une véritable fourmilière . Comment s’y retrouve l’Oncopole ? 

L’oncopole est un label, une marque déposée par Toulouse Métropole qui réunit 3 composants : Le soin en hôpital, la recherche publique (avec l’université , les organismes comme le CNRS , l’INSERM..) , et  les partenaires industriels . Le dispositif constitué de ces trois outils doit viser à ce que la valeur du tout soit supérieure à la somme des parties .

Comment obtiendrez vous une véritable synergie entre ces parties ?

Nous avons trois outils pour y arriver : un pôle de compétitivité , une fondation qui s’appelle Toulouse Cancer Santé (Présidé par Philippe Douste-Blazy) et un fonds de dotation que je dirige qui est dédié à la qualification et à la formation des personnels . Il faut que le chercheur comprenne les préoccupations de celui qui soigne, que celui qui soigne parle couramment le langage des cellules .  Il nous faut donc préparer les acteurs, qui sont  professionnellement métissés, à travailler ensemble, et ici tout y a été fait, y compris au point de vue architectural pour que ça soit possible .

Un mot sur votre rôle dans cette aventure .

J’ai beaucoup soigné, beaucoup cherché, et mon action présente est essentiellement de transmettre le savoir .  Je dirige plus particulièrement la partie formation professionnelle , je suis en responsabilité de transmettre le savoir et de veiller à l’engagement humaniste du projet .

Vous insistez sur l’aspect humaniste . Pouvez vous nous en dire plus ?

Je pense que le savoir, s’il n’est pas amplifié par le «savoir être», ne peut  être transmis . Le savoir concerne également ce que j’appelle la «médiation scientifique», c’est à dire comment rendre la recherche compréhensible par le public . Et d’une certaine manière PSRI (Promotion Santé Recherche Innovation) y contribue .

Via les conférences avec les professeurs et les chercheurs ?

Bien sûr, il  faut savoir, dans la mesure du possible, vulgariser la connaissance sans la dénaturer .

Pour conclure, que vous inspire l’opération d’art-funding Karkara de PSRI ? 

Une très belle initiative, une action de solidarité artistique partagée avec le grand public et soutenant une juste cause, en l’occurrence, ce que nous avons évoqué . C’est une action  de «médiation scientifique»,  un acte symbolique qui est à  l’interface du monde des professionnels et du grand public, ayant pour objectif de valoriser le service rendu à la personne malade . C’est très généreux et solidaire, et nous ferons ce qu’il faut, pour que cette œuvre artistique soit mise en valeur dans le hall d’accueil de l’IUCT-O .

Propos recueillis par Renaud Lacorte

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